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Nourrissons, enfants et adolescents

La lecture des recommandations pour la population générale est nécessaire pour comprendre les subtilités spécifiques aux nourrissons, enfants et adolescents.

Un régime végéta*ien bien conduit est adéquat sur le plan nutritionnel chez les nourrissons, les enfants et les adolescents.

L’allaitement maternel reste recommandé mais l’allaitement artificiel est possible avec une préparation infantile à base de protéines végétales.

Une diversification végétalienne est possible en suivant quelques recommandations simples.

  • Une complémentation en vitamine B12 doit débuter dès le début de la diversification.
  • Les apports en iode doivent être suffisants après la diversification : par la consommation régulière de produits laitiers, et dans le cas contraire par une complémentation ou par la consommation régulière d’algues.
  • Les apports en calcium, fer, oméga-3 et protéines sont satisfaisants si l’alimentation est variée dès la diversification.

 

Pas de bilan biologique de suivi systématique. En cas de doute d’apports suffisants à l’anamnèse ou de retard staturo-pondéral : ferritinémie, NFS, bilan phospho-calcique, zinc sérique, +/- dépistage d’une carence en vitamine B12 selon le contexte.

Généralités

Croissance

Les enfants de mères végétariennes grandissent normalement durant les 6 premiers mois de vie, avec une courbe de croissance en moyenne plus basse mais qui reste dans les normes. Ceci serait attribué à un allaitement au sein plus long en moyenne.

Après 6 mois, les enfants qui suivent un régime végéta*ien ont une croissance similaire à ceux qui suivent un régime omnivore, bien qu’ils soient en moyenne plus minces.

Allaitement

Pour les nourrissons, l’allaitement maternel exclusif reste recommandé jusqu’à la diversification (entre 4 mois révolus et 6 mois).

L’allaitement artificiel est possible avec une préparation infantile à base de protéines végétales, de façon exclusive jusqu’à 4 mois révolus – 6 mois, puis jusqu’à au moins 1 an. (Guide d’achat – Préparations infantiles)

Il est important de rappeler que l’utilisation de préparations maison (à base de boissons végétales et de céréales) ou l’utilisation de laits animaux ou de boissons végétales non infantiles est à proscrire avant 1 an : ils sont associés à des risques de carences nutritionnelles graves chez les nourrissons.

Lait de soja

Bien que la teneur en isoflavones (aussi appelés phyto-œstrogènes) et en aluminium dans les préparations infantiles à base de soja ait suscité certaines perplexités quant aux éventuels effets néfastes sur la santé, les données disponibles suggèrent qu’elles constituent une option sûre.

Les préparations infantiles à base de riz et de soja sont adaptées aux enfants de moins de 6 mois. On note cependant chez certains enfants allergiques aux protéines de lait de vache des allergies croisées aux protéines de soja et chez certains enfants atteints de troubles digestifs une moindre tolérance digestive pour le soja. Chez ces enfants, les préparations infantiles à base de riz peuvent être privilégiées.

Enfin, il n’existe pas de différence significative sur la croissance des enfants nourris aux préparations infantiles de soja par rapport à ceux nourris aux préparations infantiles au lait de vache.

Diversification

Une diversification végétalienne est possible. Elle doit débuter entre 4 mois révolus et 6 mois, avec des aliments faciles à digérer, et donc pauvres en fibres. Il ne faut pas rajouter de sel ni de sucre aux aliments donnés. (Fiche patient – Diversification alimentaire du nourrisson)

Adolescence et TCA

Un enfant élevé avec une alimentation végéta*ienne ne présente pas d’augmentation du risque de trouble du comportement alimentaire (TCA). En revanche, un changement de régime d’un adolescent vers un régime végéta*ien peut masquer un TCA. Il faut donc vérifier que son régime soit varié et équilibré, et s’intéresser, comme pour tout adolescent, à sa santé mentale et à sa santé en général.

Vitamine B12

Les enfants allaités de mères végétaliennes complémentées en vitamine B12 n’ont pas besoin d’être complémentés. 

La complémentation doit débuter dès le début de la diversification, car les apports en vitamine B12 par l’allaitement maternel ou artificiel vont décroître progressivement.  

  • De la diversification jusqu’à 10 ans : 12,5 µg/j ou 1000 µg/semaine ou 3000 µg/mois   
  • Puis à partir de 10 ans, la complémentation est identique à celle des adultes : 25 µg/j ou 2000 µg/semaine ou 5000 µg/mois

Iode

Les nourrissons et jeunes enfants ont des apports suffisants en iode via l’allaitement ou la prise de préparations infantiles. (Guide d’achat – Préparations infantiles)

À l’arrêt de l’allaitement ou des préparations infantiles, et si les apports iodés via les produits laitiers semblent insuffisants, une complémentation en iode par compléments alimentaires doit être préférablement proposée. Les apports iodés via les algues sont possibles.

Vitamine D

Tous les nourrissons allaités doivent être complémentés en vitamine D, et les nourrissons végétaliens peuvent être complémentés par vitamine D2 (ergocalciférol, vitamine D non issue de l’animal) ou par vitamine D3 végane (issue du lichen).

Il est important de se renseigner sur la prise de compléments alimentaires comprenant de la vitamine D avant de proposer une complémentation en vitamine D pour éviter le surdosage.

Posologies de 0 à 18 mois

  • Si allaitement maternel : 1000 à 1200 UI par jour pendant toute la durée de l’allaitement (4 à 5 gouttes de cholécalciférol par jour ou 2 à 3 gouttes d’ergocalciférol)
  • Si allaitement artificiel : 600 à 800 UI par jour car toutes les préparations infantiles en France sont enrichies en vitamine D (2 à 3 gouttes de cholécalciférol ou 1 à 2 gouttes d’ergocalciférol)
    Cas particulier du prématuré : 1000 UI par jour jusqu’au terme théorique ou jusqu’à 6 mois.

Après 18 mois

  • Soit 2 à 5 gouttes par jour d’ergocalciférol jusqu’à 5 ans puis 1 à 2 par jour en période hivernale seulement
  • Soit 2 doses de charge de 80 000 ou 100 000 UI de cholécalciférol en novembre et février
Une complémentation quotidienne adéquate en vitamine B12, en iode et en vitamine D est possible avec la VEG1 par exemple. (Guide d’achat – Compléments alimentaires)

Les apports en calcium, fer, oméga-3 et protéines sont satisfaisants si l’alimentation est variée dès la diversification (Fiche patient – Conseils alimentaires)

  • Légumineuses, céréales complètes, fruits, légumes, oléagineux (fruits à coque) et leur beurres
  • Consommation quotidienne de cuillères d’huile riche en oméga-3 (colza, lin)
  • Limitation des apports en fibre avant 12 mois

Calcium

Les nourrissons végétaliens ont des apports calciques suffisants via l’allaitement artificiel ou maternel, même provenant d’une mère végétalienne. 

Cependant, après le sevrage, il est essentiel de s’assurer d’une consommation suffisante en aliments riches en calcium. 

En cas de doute sur les apports à l’anamnèse ou de retard staturo-pondéral, un bilan phosphocalcique peut être proposé (calcémie, phosphorémie, vitamine D, PTH).   

Les aliments végétaux qui apportent le plus de calcium sont les choux  (choux frisés, choux chinois, bok choy, chou kale). Les autres sources végétales intéressantes de calcium sont les légumineuses (dont le soja et dérivés), les oranges, les figues, les boissons végétales enrichies, les oléagineux (fruits à coque) et les graines.   

Certaines eaux minérales constituent une source de calcium non négligeable qui est mieux absorbé lorsqu’elles sont consommées avec de la nourriture. L’eau courante contient en moyenne 70 mg/L de calcium, et les eaux minérales riches en calcium en contiennent jusqu’à 600 mg/L.

Fer

Il est important de s’assurer que les apports en fer des enfants végéta*iens soient optimisés dès le début de la diversification.   

Dans le cadre d’une alimentation équilibrée, les études ont montré que la ferritinémie était généralement dans la moyenne chez les enfants végéta*iens et que l’incidence des anémies par carence martiale n’était pas plus élevée chez les enfants végéta*iens que chez les enfants suivant un régime omnivore. 

En dehors de tout symptôme, il n’est pas nécessaire de proposer une surveillance systématique du bilan martial aux enfants végéta*iens.

Oméga-3

Les besoins en oméga-3 sont plus élevés pendant la petite enfance et l’enfance, car ils participent au développement de la rétine et des neurones. 

Le lait maternel des femmes qui suivent un régime végétalien bien équilibré et les préparations infantiles à base de protéines végétales sont une bonne source d’acides gras oméga-3. (Guide d’achat – Préparations infantiles)

Les enfants végétaliens âgés de 6 mois à 1 an devraient continuer à recevoir du lait maternel ou des préparations infantiles à la demande et devraient consommer 1 à 2 cuillères d’huile riche en oméga-3 par jour. Les enfants végétaliens à partir de 1 an devraient satisfaire leurs besoins en oméga-3 en consommant quotidiennement 2 cuillères d’huile riche en oméga-3.  

Les graisses ne devraient pas être limitées dans la petite enfance et dans l’enfance, mais plutôt soigneusement sélectionnées afin d’obtenir un rapport oméga-3 / oméga-6 optimal :  

  • Privilégier les aliments riches en oméga-3 : lin (intéressant car contient peu de fibres), colza, chanvre, chia, noix et leurs huiles, ainsi que le soja   
  • Limiter les apports en oméga-6 : huile de tournesol, huile d’arachide  
  • Limiter les apports en acide trans : margarine  
  • Limiter les apports en acides gras saturés : huile de palme, huile de coco 
  • À noter que l’huile d’olive n’a pas d’influence sur le ratio oméga-3 / oméga-6.

Fibres

La croissance étant très rapide la première année de vie, un excès de fibres peut nuire à une croissance correcte en entraînant une satiété précoce, en nuisant à l’absorption des graisses et des minéraux et en réduisant donc la densité calorique des repas.   

Les repas des nourrissons végéta*iens âgés de moins de 12 mois doivent être limités en fibres. 

Les aliments sans fibres tels que le tofu, les yaourts de soja ainsi que les purées de fruits et légumes doivent être privilégiés, ainsi que les grains raffinés, les céréales blanches, les haricots pelés et en purée, ou alors bien cuits et passés au tamis.

Protéines

Le lait maternel et les préparations infantiles à base de protéines végétales fournissent une quantité adéquate de protéines pendant l’enfance et la petite enfance. (Guide d’achat – Préparations infantiles)

Les apports journaliers recommandés en protéines pour les enfants végétariens sont généralement atteints ou dépassés.   

Les apports en protéines doivent être cependant optimisés chez les enfants végétaliens jusqu’à 18 ans en raison de la différence de digestibilité des protéines végétales. 

Les aliments doivent être variés, en proposant des aliments riches en protéines comme les légumineuses (haricots, lentilles, pois, soja et dérivés), les céréales complètes, les fruits à coques, les graines et leurs beurres. Il n’est pas nécessaire de combiner ces aliments à chaque repas.