FAQ

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Les principales recommandations internationales estiment qu’un régime végétarien couvre les besoins en vitamine B12 si la consommation de produits laitiers et d’œufs est régulière (Academy of Nutrition and Dietetics[1], Société Canadienne de Pédiatrie[2], British Nutrition Foundation[3], Société Suisse de Nutrition[4], Société Italienne du Nutrition Humaine[5]).

Cependant, en prenant en compte la mauvaise biodisponibilité de la vitamine B12 contenue dans les œufs et la quantité de vitamine B12 contenue dans les produits laitiers, l’Observatoire National de l’Alimentation Végétale précise dans son avis du 5 octobre 2020[6] qu’il faudrait 3 à 6 portions de produits laitiers par jour pour couvrir la totalité des besoins journaliers chez les personnes végétariennes. Cet avis s’appuie en partie sur les recommandations de l’ANSES et de l’EFSA concernant les apports journaliers satisfaisants, ainsi que sur les banques de données nutritionnelles française (Table Ciqual) et américaine (USDA).

Cette quantité de produits laitiers étant supérieure à celle recommandée par le Programme National Nutrition Santé (maximum deux portions par jour chez l’adulte[7]), il est préférable pour les végétariens de se complémenter en vitamine B12 dès l’arrêt de la consommation de viande et de poisson.

[1] Melina V, Craig W, Levin S, Position of the Academy of Nutrition and Dietetics : Vegetarian Diets, J Acad Nutr Diet, 1 dec 2016
[2] Société Canadienne de pédiatrie, Les régimes végétariens chez les enfants et les adolescents, Paediatr Child Health, 2010
[3] British Nutrition Foundation, Healthy eating for vegans and vegetarians, 2018
[4] Société Suisse de Nutrition, L’alimentation végétarienne, déc 2018
[5] Agnoli C, Baroni L, Bertini I, Ciappellano S, Fabbri A, Papa M, et al., Position paper on vegetarian diets from the working group of the Italian Society of Human Nutrition, Nutrition, Metabolism and Cardiovascular Diseases, déc 2017
[6] Observatoire National de l’Alimentation Végétale, Position 1 : Position de l’ONAV relative à la couverture des besoins en vitamine B12 chez les personnes ayant une alimentation flexitarienne, végétarienne et végane, oct 2020
[7] Programme National Nutrition Santé, Recommandations : Les produits laitiers : lait, yaourts, fromage et fromage blanc

Les recommandations concernant le moment d’introduction du gluten chez les nourrissons ont évolué ces dernières années.
Des études d’observation ont amené la société européenne d’hépato-gastro-entérologie et de nutrition pédiatrique (ESPGHAN) à recommander en 2008 d’éviter d’introduire le gluten avant 4 mois ou après 7 mois (notion de “fenêtre de tolérance”) et de l’introduire de préférence pendant que l’enfant est allaité[1].

Par la suite, deux essais contrôlés et randomisés ont étudié le lien entre l’âge d’introduction du gluten et le risque de développer la maladie cœliaque chez des enfants génétiquement prédisposés. L’âge d’introduction du gluten n’affectait pas l’incidence cumulée, ni la prévalence de maladie cœliaque[2][3]. Ainsi, en 2016, l’ESPGHAN conclut que le gluten peut être introduit entre 4 et 12 mois. Ils précisent d’éviter d’apporter de grandes quantités de gluten pendant les premières semaines suivant son introduction[4].
L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES)[5], le Haut Conseil de Santé Publique (HCSP)[6] ainsi que la Société Française de Pédiatrie (SFP)[7] recommandent également d’introduire le gluten dès le début de la diversification, sans “fenêtre de tolérance”, y compris chez les enfants à risque d’allergie ou génétiquement prédisposés à développer la maladie cœliaque.

En revanche, le Programme National Nutrition Santé (PNNS) qui s’appuie sur les travaux de l’ANSES, du HCSP et de Santé Publique France, conseille toujours d’introduire le gluten après 6 mois afin d’éviter de « déclencher une intolérance alimentaire chez les enfants prédisposés »[8]. Un message leur a été adressé en janvier 2021 pour leur demander de justifier leur position.

[1] Agostoni et al, Complementary feeding : a commentary by the ESPGHAN Committee on Nutrition, J Pediatr Gastroenterol Nutr, 2008
[2] Lionetti et al, Introduction of gluten, HLA status, and the risk of celiac disease in children, N Engl J Med, 2014
[3] Vriezinga et al, Randomized feeding intervention in infants at high risk for celiac disease, N Engl J Med, 2014
[4] Szajewska et al, Gluten Introduction and the Risk of Coeliac Disease: A Position Paper by the European Society for Pediatric Gastroenterology, Hepatology, and Nutrition, J Pediatr Gastroenterol Nutr 2016
[5] ANSES, Avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail relatif à l’actualisation des repères alimentaires du PNNS pour les enfants de 0 à 3 ans, juin 2019
[6] Haut Conseil de la santé publique, Avis relatif à la révision des repères alimentaires pour les enfants âgés de 0-36 mois et de 3-17 ans, juin 2020
[7] Turk et al, Diversification alimentaire : évolution des concepts et recommandations, Société Française de Pédiatrie, 2015
[8] Programme National Nutrition Santé, Enfant de 6 mois à 3 ans, Allergies et intolérances alimentaires

L’agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation et de l’environnement (ANSES) a actualisé son rapport [1] sur les références nutritionnelles en vitamines et minéraux en mars 2021. Concernant la vitamine B12, les différents apports satisfaisants selon les groupes de populations sont résumés comme ceci :

Selon la position 2 de l’ONAV [2], la complémentation en vitamine B12 d’un adulte dont les apports alimentaires satisfaisants sont de 4µg/j peut se faire de 3 façons :

  • Quotidienne : ≥ 25 µg par jour
  • Hebdomadaire : ≥ 1200 µg par semaine
  • Mensuelle : ≥ 5000 µg par mois

Ces valeurs tiennent compte des différents modes d’absorption de la vitamine B12 (une absorption médiée par le récepteur au facteur intrinsèque et une absorption par diffusion simple intestinale), ce qui explique la nécessité de posologies plus hautes lorsque les prises sont plus espacées.

Afin de satisfaire les besoins de ces différentes populations, les complémentations doivent théoriquement être au minimum de :

Pour les enfants de 6 mois à 10 ans :

  • 12,5 µg par jour
  • 600 µg par semaine
  • 2500 µg par mois

Entre 10 ans et 50 ans :

  • 25 µg par jour
  • 1200 µg par semaine
  • 5000 µg par mois

A partir de 50 ans ou pour les personnes sous IPP ou Metformine au long cours :

  • 200 µg par jour
  • 1200 µg par semaine
  • 5000 µg par mois

Pour des raisons de praticité et en prenant en compte les compléments disponibles sur le marché, nous proposons les complémentations suivantes :

Pour les nourrissons de moins de 6 mois :

  • En cas d’allaitement maternel : pas de complémentation nécessaire si la mère est complémentée
  • En cas d’allaitement artificiel : pas de complémentation nécessaire car les apports en vitamine B12 sont suffisants via les préparations infantiles

Pour les enfants de 6 mois à 10 ans :

  • Quotidienne : 12,5 µg par jour
  • Hebdomadaire : 1000 µg par semaine
  • Mensuelle : 3000 µg par mois

Entre 10 ans et 50 ans :

  • Quotidienne : 25 µg par jour
  • Hebdomadaire : 2000 µg par semaine
  • Mensuelle : 5000 µg par mois

A partir de 50 ans ou pour les personnes sous IPP ou Metformine au long cours :

  • Quotidienne : 250 µg par jour
  • Hebdomadaire : 2000 µg par semaine
  • Mensuelle : 5000 µg par mois

1 – Les références nutritionnelles en vitamines et minéraux, Avis de l’Anses, Rapport d’expertise collective, mars 2021

2 – Position de l’ONAV relative à la complémentation en vitamine B12 chez les personnes ayant une alimentation flexitarienne, végétarienne et végane, mai 2021